Harmonie des contraires ? (19 novembre 2008)
L'idée qu'Obama pourrait nommer Hillary Clinton à la tête de la diplomatie américaine fait des vagues Outre-Atlantique. Certains se félicitent qu'il se rende capable de dépasser les clivages qui ont séparé d'anciens adversaires. D'autres pensent que ce serait tout simplement une erreur et qu'Obama hériterait, avec Hillary, de l'encombrant et pas très clair Bill. Beaucoup surtout imaginent mal que ces deux fortes personnalités puissent faire équipe ensemble.
Hillary a certes traité la vision d'Obama en politique étrangère, durant sa campagne pour les primaires, de "naïve", et cela peut faire désordre. Si l'un et l'autre n'ont pas la même vision, l'attelage pourrait aller de travers.
Mais n'est-ce pas compter sans ce qui s'est passé ? L'émergence improbable à laquelle nous venons d'assister a tous les caractères de quelque chose de neuf. Obama a ses limites et il serait bien naïf, pour le coup, de croire qu'à lui seul il sera capable de résoudre magiquement toutes les crises. Mais certainement les choses seront approchées différemment.
De ce point de vue il n'est pas impossible d'imaginer que deux fortes personnalités puissent travailler dans l'harmonie des contraires.
Cette harmonie des contraires dont Démocrite avait l'intuition : "Le contraire est accord, des discordances naît la plus belle harmonie et tout devient dans la lutte" (Fragment 10). "Harmonie des tensions opposées, comme celle de l'arc et de la lyre" (Fragment 61).

Commentaires
Alex le 19/11/2008 à 17:13:42Espérons juste qu'Obama et Clinton ne seront pas obligés de trouver un consensus sur la politique étrangère. Car comme le disait délicieusement notre chère Margaret Thatcher, le consensus c'est "un concept en lequel personne ne croit et auquel personne n’objecte" :)