S'arrêter de vieillir

 

On nous dit que les Français n'ont pas le moral. Cela revient dans toutes sortes d'enquêtes. Face à la même crise, d'autres, les Allemands par exemple, ne paraissent pas si abattus. Au point que le journal Les Echos titre : "Les Allemands gardent curieusement le moral".

 

Pourquoi curieusement ? La curiosité, c'est plutôt l'appréciation de la journaliste qui signe l'article, dont le nom, c'est comme çà, est "François". 

 

Les Français seraient-ils comme un vieux peuple fatigué ? Un peuple qui se reconnaîtrait dans ce Goût du néant qui marque chez Baudelaire l'aboutissement de cette fatigue :

 

Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte / L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur / Ne veut plus t'enfourcher ! Couche-toi sans pudeur / Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte...

 

Reste que ça serait salutaire de tenter d'arrêter de vieillir.

 

Comme dans le sketch de Raymond Devos :

 

C'est en arrivant ici, il y a un monsieur que je connais depuis longtemps, il me dit : - Dites donc, vous ne vieillissez pas ! - Non, parce que j'ai arrêté ! Complètement ! Du jour au lendemain j'ai arrêté de vieillir ! Parce qu'il n'y a pas que le tabac qui soit nocif. Vieillir aussi n'est pas bon pour la santé ! Un matin je me suis réveillé, j'avais vieilli de dix ans ! Hop ! vingt ans ! C'est dur de rester jeune, c'est dur. Je ne vous cache pas qu'il y a des moments, quand personne ne m'observe, j'ai envie de prendre un petit coup de vieux ! Mais je m'abstiens, je m'abstiens. Je ne voudrais pas finir comme mon voisin. Lui il pouvait pas s'empêcher de vieillir. Eh bien, il en est mort !

 

 

 

 



Article ajouté le 2009-05-15 , consulté 191 fois

Commentaires


Edgar le 15/05/2009 à 19:25:09
Les autres aussi nous aident à ne plus vieillir, si l'on veut bien prendre le temps de les regarder, de les écouter, de leur parler malgré les bouchons à musique maintenant fréquents dans les oreilles...
Je reviens hier d'un séminaire animé en Bretagne, et prends à Montparnasse le métro pour rentrer chez moi. A mes pieds un gros sac plein de matériel pédagogique; sur mon dos, un autre d'où sort un bouquet de fleurs cueillies dans le parc de l'hôtel et offert par mes séminaristes.
Près de moi, un monsieur plus jeune (que moi...)regarde, et demande d'où viennent les fleurs. Je le lui dis, et il me demande l'objet du séminaire.
En trois ou quatre stations, il me dira qu'il est aussi consultant, qu'il travaille au Pôle Emploi, après s'être intéressé quelque temps aux conditions de travail à ...l'ANACT, où il a eu l'occasion de rencontrer le Président d'une association pour le dialogue social, un certain Gérard Lebrun, m'a-t-il semblé, au temps où le CADIPPE (c'est le nom de l'association) avait pris en charge l'administration d'antennes régionales de l'ANACT!

Rester disponible tant qu'on est vivant : le monde nous attend, si nous acceptons de l'attendre.
E.

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