Un croc de boucher


L'extrême violence de nos moeurs politiques a de quoi laisser pantois. "Pantois" est le mot qui convient : de l'ancien français "pantaisier", avoir des visions, il décrit l'état de quelqu'un qui est ahuri, déconcerté, de voir ce qu'il voit.

Il s'agit en l'occurrence de la petite phrase reprise dans les médias à propos de l'affaire Clearstream : "Je veux voir ceux qui ont voulu me salir pendus à un croc de boucher ".

Cette phrase n'a pas été prononcée en public, elle serait extraite d'une conversation privée, elle n'en exprime pas moins, peut-être d'autant plus, parce que non censurée, une extrême violence.

Elle renvoie à un fantasme de violence en quelque sorte primitive, de l'ordre de la vengeance. Et la vengeance est un processus sans fin, interminable, qui tend à se reproduire : la vengeance appelle la vengeance.

L'enjeu dans toute société est de contenir la violence primordiale. Dans les sociétés primitives,comme l'a montré René Girard, c'est le sacrifice qui a eu pour fonction d'apaiser les violences. Dans les sociétés évoluées, c'est le système judiciaire qui écarte la menace de la vengeance.

On ne souhaite pas avoir à faire le chemin en sens inverse.



 




Article ajouté le 2009-09-24 , consulté 135 fois

Commentaires


Guy Lafont le 25/09/2009 à 04:40:50
Bien vu Gérard,

Cela me rappelle la triste fin des généraux allemands qui ont participé au complot contre Hitler.. Ils ont fini à la prison de Spandau pendus par les maxillaires à un croc de boucher..

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