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Bonté divine !




Le sujet des religions et de la foi n'est pas réputé être de ceux qui sont les plus susceptibles de faire recette. C'est pourtant ce qui arrive - au propre comme au figuré - avec la pièce de Frédéric Lenoir [directeur du Monde des religions] et Louis-Michel Colla  Bonté divine ! jouée au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris. La salle est comble et comblée.

 

Nous ne sommes pas à La Maroquinerie [voir le billet d'humus sur Flow]. A la Gaîté on  compte pas mal de têtes grisonnantes ou de crânes chauves mais il y a aussi  des chevelures flamboyantes ! Et elle se laisse aller toute cette salle, portée par l'irrésistible humour de la pièce, à partager un petit coup de jeune. On rit de bon coeur.

 

On rit parce que les observations sont pertinentes et fines. Et parce que aussi, c'est très fort, on entre par gradations successives dans le sujet.

 

Au début, nous avons en avant-scène, assis sur des chaises alignées face à nous, quatre personnages facilement identifiables : un prêtre, un rabbin, un imam et un bonze. On comprend très vite que nous sommes nous-mêmes dans la position d'un public qui vient d'assister à un débat inter-religieux, lequel arrive à sa fin. Dernières questions, dans le genre convenu, posées à chacun des intervenants, - auxquelles chacun répond de la façon la plus autorisée, c'est-à-dire es-langue de bois.

 

Scène suivante : les mêmes, après la conférence, dans une arrière-salle, décontractés. Les échanges entre eux sont époustouflants. Plus question d'autorité. Ils parlent des mêmes sujets - des religions, des monothéismes ["Nous croyons tous au même Dieu, mais chacun de nous est persuadé que sa religion est la meilleure"...], du bouddhisme [religion athée, ou agnostique, ou non théiste ?...], et encore du célibat des prêtres, de l'observance des commandements chez les juifs, de la condition de la femme dans les pays musulmans etc. etc. - le tout, cette fois-ci, de façon autrement plus libre, et pertinente.

 

Et pour le coup ils se révèlent pour ce qu'ils sont. Mention spéciale pour la scène où, chacun à tour de rôle, le prêtre, le rabbin, puis l'imam, va s'employer consciencieusement à exposer devant le  bonze, lequel ne dit mot, ce qu'est le bouddhisme... - jusqu'à reconnaître, un peu embarrassés, leur bien occidentale suffisance... Le bonze leur rendra çà avec humour, pour les mettre d'accord quant à Dieu  :"Supprimons l'existence de Dieu, c'est plus simple pour se mettre d'accord... ça s'appelle le bouddhisme !"

 

Je ne vais pas raconter la suite de la pièce, qui recèle quelques surprises hautes en couleurs.


Ce qui est intéressant, c'est d'avoir réussi à captiver un public avec une "question hors mode" comme dit Roland Giraud [qui joue le prêtre dans la pièce], - lequel poursuit : "Cette question est plus profonde que les sujets actuels comme les angoisses de la société de consommation. C'est l'essentiel, c'est tout".


Frédéric Lenoir ajoute : "L'humour permet de tout dire".


Et moi : ça aussi, c'est l'essentiel !





11/03/2009
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