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Des questions, essentielles, pour la sortie de crise

 

Il y a des questions, essentielles, à se poser, maintenant, pour la sortie de crise.

 

Pas celle de quand : quand la sortie ? Cette question est importante mais pas essentielle. C'est pourtant à celle-là que la plupart des médias tentent de répondre à longueur de colonnes. Quant à ceux qui s'aventurent à livrer un pronostic, ils le font au doigt mouillé. Sauf à vouloir en réalité faire passer un message.

 

Ainsi Trichet, le président de la BCE, qui vient de déclarer qu'il entrevoit la fin du tunnel pour 2010 : histoire de soutenir la confiance. Tentative de prophétie auto-réalisante [on annonce quelque chose auquel on ne croit pas trop, mais les gens y croient, et la chose espère-t-on se réalisera].

 

Warren Buffet, lui, voit le bout du tunnel pour dans 5 ans : on sait qu'il a fait de la patience la vertu cardinale sur laquelle il a bâti sa fortune [au sens propre, si on peut dire].

 

J'appelle question essentielle une question qu'il ne faut pas manquer de poser, dans le moment où nous sommes, c'est-à-dire dans la crise, sauf à risquer de passer à côté de l'essentiel.

 

Qu'est-ce qui est essentiel ? C'est de comprendre ce qui s'est passé, démonter les ressorts des mécanismes qui ont conduit à cette crise... et éviter de s'escrimer à vouloir les remonter à l'identique !

 

La première question concerne l'ingénierie financière. "Ingénierie" est le mot approprié car on voit bien que ces mécanismes dont les engrenages ont conduit à la crise sont l'oeuvre d'ingénieurs livrés à eux-mêmes jamais sortis de la bulle qui vient de leur éclater à la figure, les laissant pantois, sidérés, et accessoirement sur le carreau. Ingénieurs livrés à eux-mêmes qui ont simplement - excusez du peu - oublié l' homme.

 

La deuxième question introduit un doute [ça devrait même être une méthode pour les esprits cartésiens que nous sommes peu ou prou] : qu'est-ce qui est premier, la crise financière entraînant l'économie réelle dans sa descente aux enfers, ou le déni de matérialité de certains éléments de l'économie réelle conduisant aux jeux de constructions financières virtuelles ?

 

Troisième question : Comment s'y prendre pour que ça ne reparte pas, en 2010 ou dans 5 ans, exactement comme avant ? Les Etats se précipitent au secours des organismes bancaires, distribuent à la volée des milliards qu'ils n'ont pas [tiens... est-ce que ça ne recommence pas ? selon le même processus qu'avant ?] - On observe un changement de comportements chez les consommateurs [pour combien de temps ? Est-ce de vrais changements durables, ou de simples et passagères adaptations ?]

 

Je viens de prononcer le mot paradoxal "durable" :  un mot bien à la mode, donc bien sûr destiné à passer, et désignant pourtant une réalité essentielle, qui n'est pas prête à passer. Car en fait, et c'est ma dernière question, quel est l'enjeu de ce qui se passe ? Une crise, qui n'est pas petite, qui mettra un certain temps à passer, laissant des traces [pertes d'emplois, perte de sens, désillusions, désarrois, dégâts en tous genres bien réels...], et puis tout repart ? Ou un réel changement de compréhension de ce qui se passe, et rien ne repart comme avant ?

 

Et si, ce qui se passe, provoque à un changement de paradigme, c'est-à-dire un changement de modèle mental pour commencer à nouveau ? Et si la croissance à tout crin n'était pas le modèle ? Et si le modèle était une certaine décroissance : nous avons à disposition des ressources [matières premières, pétrole, gaz etc.] finies par nature : nos comportements ne devraient-ils pas anticiper cette limitation ?

 

On voit que ces questions que pose la crise représentent, si nous les voulons  correctement poser, une réelle opportunité pour penser - et il le faut ! - un autre "usage du monde".



10/03/2009
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