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Domenech plus ultra

 

"Nec plus ultra" : on ne fait pas mieux.

Notre équipe nationale ne fait pas mieux pour faire parler d'elle. La presse, nationale, internationale, n'a pas de mots assez durs pour se moquer d'une équipe qui fait la risée de tous. Même les politiques s'en mêlent, qui pour  certains savent de quoi ils parlent.

Stéphane Guillon, dans sa chronique sur France Inter, résume bien le sentiment partagé par beaucoup : "Notre équipe est nulle, prétentieuse, hautaine, et je m'enfoutiste. C'est une équipe de privilégiés, ils ont une vie de rêve, des tas d'avantages, et au lieu de montrer l'exemple, d'être proche des gens, humains, ils se conduisent avec cynisme et un dédain incroyable".

L'équipe nationale fait naufrage : "Fluctuat et mergitur" (pour parodier la devise de Paris).

Domenech la cause du naufrage ? Chacun y va de son analyse.

Mais est-ce bien utile de consacrer toute son énergie à se poser cette question : comment en est-on arrivé là ? Et si on sortait du besoin de rechercher des causes ?

On raisonne de la même manière que si on avait à faire avec une machine. Certes ce modèle mécaniste (une cause = un effet) a quelque chose de rassurant pour nos esprits typiquement cartésiens.

Mais la réalité - on en fait l'expérience dans nos propres vies ! - ne fonctionne pas sur un mode mécaniste. La vie c'est du biologique. Le vivant n'est pas une machine. Le  modèle biologique est un modèle d'organisation complexe, fait de boucles, de réactions et contre-réactions, qui ne se réduisent pas à un ensemble causal.


Se focaliser sur la cause c'est oublier tout le reste.

Mon ami grenoblois Jean-Claude Serres [dont le nom, remarquons-le, se lit dans les deux sens], grand arpenteur des sommets alpins - d'où il a pris le goût sans doute des coups d'oeil larges - et es-éveilleur  sur les chemins de l'approche complexe, dirait, ou dit : rechercher une cause c'est dessiner un chat !

Expliquons-nous. On vous demande de dessiner un chat. Bien. La consigne ensuite c'est : dessinez un "non-chat". Perplexité. Puis chacun y va de son dessin, ce qui lui passe par la tête.

Constatation - que vous ne manquerez pas de méditer (en pensant au "ceci n'est pas une pipe" de Magritte) : Le "non-chat" est tout, y compris le chat, sauf le dessin du chat.

D'où il appert que se focaliser sur la recherche d'une cause, c'est dessiner un chat. C'est-à-dire risquer de manquer tout le reste, qui participe de la réelle complexité.

Revenons à notre équipe nationale. Ne parler que de Domenech et/ou ses joueurs , c'est dessiner un chat.

 

Et si on parlait du reste ? Si on parlait de la nation, que l'équipe "représente". La nation : les politiques (nos représentants), notre société, comment tout ça, ça ne va pas,  ce qui va , aussi ? Obligeons-nous à penser large !




"Nous ne devrions pas dénigrer mais pressentir le monde"
[René Char, La meule hémisphérique]



22/06/2010
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