voilacestdit

voilacestdit

Mesta... toujours

 

Je reviens, le temps d'un dernier billet, sur Mesta. Ce qui m'a frappé sur cette côte sud de l'île de Chios, ce n'est pas seulement la beauté des paysages : ces collines odorantes, pleines de senteurs, à la fois sauvages et portant l'empreinte du travail séculaire des hommes, parées de toutes les nuances de vert, se découpant sur le bleu de la mer : le vert des taillis qui couvrent les sommets, le gris-vert des oliviers cultivés en terrasses le long des pentes, auxquels se mêlent les verts plus frais des amandiers ou des vignes et, plus denses des lentisques - et lové au creux de cette houle apaisée le village avec son haut clocher, au loin.

 

 

Au 1er plan des pieds de vigne, au 2ième des arbustes de lentisques

en arrière-plan des rangées d'oliviers

 

Sur le sentier de Mesta à Olympie


 

Mesta au creux des collines

 

 Ce qui m'a frappé, ce n'est pas seulement la beauté du village clos sur lui-même, qui a conservé, comme le village tout proche d'Olympie, ses murs, ses remparts, ses tours, ses portes, ses maisons resserrées, ses passages couverts, sa place centrale où trônait le donjon, aujourd'hui occupée par une taverne/café où se retrouve le village pour échanger les nouvelles, partager des activités, boire un verre de ce vin,  sublime, du pays,  ou goûter à l'ouzo, également local et réputé, - cette place bruissante du jeu des enfants qui, comme ici à Olympie, sont fascinés par les derniers réglages et l'essai en vol d'un modèle réduit d'hélicoptère...

 

 

 

 Sur la place du village à Olympie

 

Oui, ce ne sont pas seulement les paysages, ce ne sont pas seulement les pierres qui captivent - elles pourraient être sans âme ; c'est l'esprit de lieux "habités"  : un savoir vivre au long des jours avec la rugueuse réalité des constants travaux d'entretien des plantations, de la récolte des oliviers, des amandiers, des lentisques... de la laborieuse élaboration du mastic ; et une ouverture, une gentillesse, une générosité qui porte à l'empathie.

 

La crise, bien sûr, est là qui fait naître une inquiétude qui sourd comme une eau qui circule invisible ;   personne ne se représente bien ce que signifierait une faillite de l'État ou une sortie de l'euro, mais chacun, déjà, fait le constat que, faute d'argent, moins de gens viennent de Chios et ils dépensent moins. Mais la jovialité, la bonne humeur l'emportent : nous ne sommes pas dans les mornes plaines...

 

 

 

 

 

À quelques kms de Mesta, le port de Liménas

 

 

Julien Gracq écrivait : "La forme d'une ville change plus vite, on le sait, que le coeur d'un mortel". Que dire de ces habitants, dont la forme de la ville n'a pas bougé depuis des siècles ! Un coeur comme un vieil or un peu usé, pâli, qui cacherait soigneusement son prix, avec la pudeur d'une matière précieuse qui montre sa beauté et fait oublier sa valeur.

 

Une antique sagesse grecque qui engendre une certaine hauteur de caractère.

 

 

Suivez-moi sur Twitter : @voilacestdit






28/05/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 50 autres membres