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New York, New York...

 

 

 

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 Sur le site de Ground Zero
 
 
Quelques impressions, évidemment éminemment singulières, d’un court séjour à New York.
 
Premier moment fort : Ground Zero. Il y a ce grand carré, sur lequel se tenaient les Twin Towers du World Trade Center, aujourd’hui un creux, un vide. J’éprouve le silence du lieu, la solitude du vide.
Je me remémore ce chapitre de Ainsi parlait Zarathoustra  « L’heure la plus silencieuse », où Zarathoustra doute de son destin, le sol lui a manqué, il entre dans un terrible rêve :
« Hier, vers le soir, mon heure la plus silencieuse m’a parlé : c’est là le nom de ma terrible maîtresse.
Et voilà ce qui s’est passé […] 
Je vous le dis en guise de parabole : Hier à l’heure la plus silencieuse, le sol m’a manqué : le rêve commença.
L’aiguille s’avançait, l’horloge de ma vie respirait, jamais je n’ai entendu un tel silence autour de moi : en sorte que mon coeur s’en effrayait.
Soudain j’entendis l'Autre qui me disait sans voix : ‘Tu le sais, Zarathoustra’ ».
Zarathoustra éprouve, sans oser se l’exprimer, mais il le sait, des doutes sur son destin.
Mêmes doutes au bord de ce vide.
Du silence d’après l’effondrement des tours, surgit une parole qui un moment remet en cause les certitudes les plus ancrées.
Un moment : car voici que déjà se dresse dans le ciel, à la place des Twin Towers, la silhouette élancée de la One World Trade Center, la plus haute tour du monde occidental - comme un défi relevé? ou par oubli consenti de la question qui taraude : de quoi cet effondrement est le nom?
 
 
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La nouvelle  One World Trade Center
 
À quelques blocs de là, le coeur financier, Wall Street, continue de battre au rythme effréné des affaires. Le nom même de Wall Street rappelle l’existence, en cet endroit, d’un mur (wall ), une palissade en bois qui protégeait les premiers colons hollandais des Indiens. Comme quoi toute puissance, instaurant par nature un rapport de forces défavorable pour l’autre : riches contre pauvres; forts contre faibles; développés contre sous-développés etc; a besoin de se construire des murs de défense - avouant les premières faiblesses.
 
 
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 Une rue de Greenwich Village
 
À la place du village algonquin, se tient, assez loin de l’animation du district financier, le vieux quartier de Greenwich Village, ses rues tranquilles, dont il semble qu’on ait oublié de pelleter la neige, tombée en abondance le week-end précédent. On n’oublie pas en revanche que c’est d'ici qu’est partie la Gay Pride qui commémore, partout dans le monde, les émeutes qui eurent lieu le 28 juin 1969 dans un bar gay du quartier, symbolisant chez les gays leur revendication pour le droit à la différence.
 
 
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Vues au long du parcours de la High Line
 
À l’extrémité nord de West Village, Meatpacking District, l’ancien quartier de l’emballage de la viande, est le théâtre aujourd’hui d’une activité branchée, et se trouve au départ d’une nouvelle promenade paysagère, la High Line, très prisée des New-Yorkais, aménagée sur l’ancienne voie ferrée aérienne qui desservait les abattoirs - aujourd’hui investis par des galeries d’art. Cette promenade arborée, suspendue à 10 m de hauteur, offre tout au long de son parcours entre la W.12th et la W.34th de magnifiques points de vue sur diverses architectures, depuis d'antiques immeubles d’habitation en briques rouges, jusque de récents buildings remarquables dus à des architectes de renom comme Frank Gehry (l’architecte du building 20 du site Facebook de Menlo Park) ou Jean Nouvel - surplombant en fin de parcours le dépôt de train du Long Island Rail Road et permettant une vue d’ensemble sur l’intense activité des immenses chantiers urbains en cours.
 
 
 
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Midtown
 
L’hyperactivité, on la retrouve au coeur de Midtown, c’est presque l’image de fabrique de New York. Ici, on ne flâne guère, tout va très vite, les foules se croisent dans les deux sens à pas pressés, les jeunes doivent aimer cette vie trépidante, les tenues sont confortables, parfois bien légères, ils sont cool pour affronter le froid mordant, et ne perdent jamais leur côté pragmatique (genre cravate rejetée par-dessus l’épaule avant d’avaler au fast-food du coin le contenu de leur box). Ce serait folie de marcher dans la rue au milieu du flot en regardant en l’air, alors on se cale dans un angle pour admirer le gigantisme des gratte-ciel toujours plus élevés, plus élancés, aux formes plus dynamiques, accrochant la lumière d’une façon étonnante toujours variée, surtout aux heures du couchant, ou la nuit piquant le ciel de leurs mille lumières. Une chose qui m'intrigue, c’est le ramassage des poubelles : je n’ai pas compris leur système, les trottoirs sont encombrés ici ou là d’immenses tas de sacs plastiques noirs ou bleus, ramassés de façon apparemment assez aléatoire, ça fait un peu exotique.
 
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Broadway
 
Broadway, à hauteur de Times Square, est fidèle à sa réputation. Le quartier vit la nuit surtout, à la lumière des immenses enseignes et publicités géantes qui barrent la façade d’immeubles entiers, faisant la promo des derniers shows… dont certains, signe de temps nouveaux?, viennent de Paris, comme Singin’ in the rain (Chantons sous la pluie), la dernière production du Châtelet, ou l’adaptation française (autre création originale du Châtelet) de An American in Paris.
 
 
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Galerie de l' American Wing donnant sur Central Park
 
L’ambiance dans les musées (en cette période de basse-saison touristique) est plus calme mais pas atypique. On sait en visitant le MoMA (Museum of Modern Art ), [gratuit tous les vendredis dès 16H : ce vendredi 29 janvier zéro minute d’attente, génial!] à je ne sais quoi, une autre façon de regarder les oeuvres? qui ne nous dépaysent pas (Cézanne, Matisse, Picasso, Gauguin, Seurat, Van Gogh y sont à l'honneur), que le public est américain. Quant au Met (Metropolitan Museum of Art ), [autre système de billetterie : chacun est libre de donner ce qu’il veut], c’est un monument américain à lui seul, une architecture entièrement dédiée à la mise en scène des riches collections exposées : art américain, art de l’Égypte ancienne (le clou : le temple de Dendur, remonté pièce par pièce dans une immense salle dédiée donnant sur Central Park), arts décoratifs (exposés dans The American Wing), collections latino-américaines etc. Un must!
 
Autre moment fort, tôt le dimanche matin, mêlés aux paroissiens d’une église de Harlem, la First Corinthian Baptist Church, un office religieux célébré avec ferveur par tous les fidèles dans l’église bondée, partageant dans la même communion les chants enthousiastes du gospel et la même foi, portés, emportés par la parole vibrante du pasteur, véritable acteur, sachant solliciter et recueillir l’adhésion de la communauté déclamant à haute voix les bras levés son empathie… un haut moment empreint de spiritualité inoubliable.
 
Enfin, la traversée dans tout son long de Central Park encore couvert de neige, ce dimanche 31 janvier, un spectacle comme sorti d’un tableau de Brueghel... 
 
 
 
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Central Park le dimanche 31 janvier
 
 
 
 
 


09/02/2016
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