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T'es beau tu sais et pas vilain (Episode 4)

                                A la manière de San-Antonio

T'es beau, tu sais... et pas vilain!

 


 Episode 4

                 BRUMEUX,   AVEC QUELQUES ECLAIRCIES

 


 

KB fut invité à parler du temps devant un parterre choisi. Il y avait là un (ancien) ministre, des parlementaires, des chefs d'entreprise, bref des décideurs, et il décida de s'adresser à eux dans un langage simple et direct.

 

Il parla  en ces termes :

 

"Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs,

 

Répondant bien volontiers à l'invite qui m'est fête, je voudrais vous parler du temps, sujet fleuve s'il en est, comme il est si bien montré dans ce sublime  roman  Au temps en emporte le vent.

 

Mais permettez-moi tout d'abord de prendre le temps de saluer Monsieur le Ministre [Madelin] qui a tant et tant fait pour défendre ses thèses, qui sont les nôtres, de la libre entreprise.

 

Oui,  Mr le ministre, nous croyons  à la liberté et à l'entreprise... Nous croyons au travail... Nous croyons au mérite et à la récompense de l'effort... Nous croyons à la responsabilité personnelle...

 

Le temps, qu'est-ce que le temps, Mesdames et Messieurs, je vous le demande, prenant les devants, car je crains que  vous ne me le demandiez, et qu'alors je ne sois pris de court,  comme  St Augustin, ce grand Père de l'Eglise, qui avouait, montrant bien la difficulté qu'il y a à parler du temps : "Qu'est-ce que le temps ?  Si personne ne me le demande, je le sais;  mais, si on me le demande, je ne le sais plus,  ajoutant : Je sais que si rien ne passait, il n'y aurait pas de temps passé".

 

A quoi passons-nous notre temps ? Voilà la bonne question. Si il y a eu du temps passé, c'est que quelque chose est passée ! Vous êtes un peu dépassés ?

 

C'est donc que vous  êtes passés.

 

Chaque jour à vivre est une victoire. Chaque jour vécu une défaite. A se demander si la mort vaut le coup d'être vécue.

 

La mort, certes, est fatale aux gens célèbres.

 

Je sais, Mesdames et Messieurs, vous m'entendez parler de la mort, et craignez que nous négligions la vie !  Mais quoi ?  Quoi de plus beau, de plus vivifiant, que l'amor ? Le pohète [Ronsard] ne dit-il pas "l'Amour et la Mort n'est qu'une même chose"... Et, vous le savez,  l'amor noue des liens oh! combien mystérieux,  avec le temps.

 

Le temps, oh ! le temps ! que n'est-il ? Oui, Mesdames et Messieurs, on naît comme on est (ou on est comme on naît ?).

 

La vie est pleine d'alinéas. Mais elle a,  parfois,  d'étranges raccourcis : Né en...  Néant.

 

Après ce bref, mais saisissant,  résumé de carrière, il est temps de reprendre le fil de mon propos, sachant, comme l'a si bien dit André Pieyre de Mandiargues, que je salue en passant, que   "le temps d'un récit, de par le tissu et la continuité, est toujours une sorte de passé, bon gré mal gré qu'en ait l'auteur, tandis que le temps de l'amour (physique) est spécifiquement l'instant".

 

Nous voilà ainsi ramenés à l'instant, unique objet de nos soins, car nous vivons, oh !combien, dans  cette difficulté de conjuguer le temps : le passé n'est jamais simple, le présent est imparfait, le futur toujours au conditionnel !

 

Qui a dit que la vie était un recommencement ? Qu'est-ce que vous avez vu recommencer, Mesdames et Messieurs, à part vos feuilles d'impôts ?

 

Non, ce n'est pas un  recommencement, mais un continuel commencement, celui-là dont notre grand auteur classique disait : "Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement"  [Racine]

 

Ainsi me permettrez-vous de finir, Mesdames et Messieurs, sur cette note, un peu philosophique j'en conviens...  mais la philosophie, n'est-ce pas comme la poésie en littérature ?

 

On peut s'en passer, mais c'est dommage".

 

   

WHAT A MAN !

 

[Ce texte, composé exclusivement avec la consonne A, est un à la manière de Georges Perec]


Smart à falzar d'alpaga, frac à rabats, crack pas banal,

KaBa, l'as à la San A,

s'avanca :

- Caramba !

- Pas cap !

- Par Allah, t'as pas la baraka !

Malabar pas marrant, ça s'agaca.

Ca barda. Ca castagna dans la cagna cracra. Ca balafra. Ca alla mal. Ah la la !

Splatch ! Paf ! Scratch ! Bang ! Crac ! Ramdam astral !

- Par Alax ! Ca va pas, fada !

- Ha ! Ha ! Cas flagrant d'asthma sagrada ! Ca va, à part ça ?

L'attrapa dans l'baba, flancha, flagada, hagard, raplapla.

KaBa avanca dans sa saga, balancant l'gnaf dans l'gnan-gnan, s'harassant dans l'alarmant,

Lacan lampant, lançant,

at last, glas fatal :

"Abracadabra !"

A la

San A !


 

Epilogue

 


La pluie avait cessé de tomber...  La surface de l'eau était devenue étale,  traversée par un léger courant. Un étrange silence enveloppa  L'Ecoute S'il Pleut  aucun bruit, pas d'oiseau  pour chanter dans ce buisson de questions,  dans l'air diaphane cette insoutenable légèreté de l'être...  Au loin un train passa...


 

Les feuilles qu'on foule
Un train qui roule
La vie s'écoule...
[Guillaume Apollinaire]



 

L'homme était resté au bord de L'Ecoute S'il pleut  attentif à ce point de mire, lui-même ?

 

Il s'était remémoré des épisodes, s'était dit des choses sur lui, plutôt en bien : "Il faut toujours dire du bien de soi parce que cela se répète et l'on ne sait plus qui a commencé..."  [Sacha Guitry]

 

Par chance, camarade, nous étions là pour recueillir ses confidences...  La vie a de ces coïncidences : "Coïncidences... véritables fanaux dans la nuit du sens" [André Breton]

 

Fanas,  fanaux, lumières dans la nuit, oh! la vie au petit matin... écoute, écoute encore L'Ecoute S'il Pleut...

 

Oui, se dit-il :

 

"J'ai réinventé le passé pour voir la beauté de l'avenir" [Aragon]




F  I  N 

 


24/03/2008
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