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Quelques dits [1] Penser complexe en tant que citoyen

Nous sommes quelques-uns (5 ou 6) à nous réunir, de façon tout juste formelle, sur une base pas très régulière -  tous les mois ou les 2 mois - pour partager autour de quelques thèmes du moment.
C'est dans le cadre de ce groupe qu'a été élaborée la matière de certains des articles de ce blog, par exemple une réflexion sur la citoyenneté [Qu'est-ce qu'être citoyen ?], un intérêt pour l'émergence des créatifs culturels [A propos des créatifs culturels], des lectures critiques comme celle de l'essai de Jacques Attali sur le décryptage de l'avenir [Une brève histoire de l'avenir ?], d'autres articles à venir.
Ces "quelques dits" reprennent la trace de certains de ces  échanges.



Dans le groupe, de manière tacite, on est d'accord sur un certain nombre de choses, par exemple : la prise en compte de la complexité dans notre manière de penser.

On est continuellement déboussolés : on ne peut pas nier qu'il y a des progrès dans la société, mais en même temps il y a détournement des progrès. D'où : à situation complexe, pensée complexe.

Il y a plein d'initiatives, par exemple par le biais de blogs, pour subvertir les effets négatifs de choses positives (en Italie ,du coup, pour tenter de conserver le contrôle, ils veulent faire une loi qui obligerait tout bloggeur à se déclarer).

Dans cette société si complexe on ne s'en sortira pas si on ne met pas "un peu d'espérance". Notre contribution : subvertir les effets négatifs.

Il ne faut pas souhaiter que notre groupe soit seulement "analyseur". Attali dans sa Brève histoire de l'avenir pointe les forces de mort, les forces de vie aussi. On est dans une société morbide c'est sûr, mais on a envie dans le groupe de s'accrocher sur les forces de vie. Pas seulement faire des analyses.

Quelle stratégie penser par rapport à une diffusion ouverte d'un blog collectif ? Quand on est identifié comme une ource qui ne va pas dans le bon sens, "on s'occupe de ton cas". Faut-il pour autant consentir à ne rien faire ?

Justement, à situation complexe, penser complexe : penser "émergences".

Quelle stratégie pour le groupe ? Si on s'ouvre, on s'ouvre pour quoi ? Pour le moment le groupe n'est pas ouvert, mais on pourrait, sur certains points, s'ouvrir.

Est-ce que, à notre niveau à nous, on ne peut pas être un groupe du genre : des citoyens essaient de montrer qu'il faut penser de manière complexe ? On ne segmente pas les choses. On tente au contraire de mettre de la liaison c'est cela la pensée complexe.

Mettre du lien, de la liaison : à l'inverse des journaleux, que ce soit du Monde, de Libé ou du Figaro... qui reprennent dans leurs papiers, mot à mot, les communiqués des agences de presse, sans l'ombre d'un éclairage : sont-ce vraiment des journalistes ?

Il n'y a même pas de Big Brother ! on est dépassés par notre propre système. S'en sortir, c'est dé-fragmenter, penser complexe. Ne nous laissons pas broyés par le système... on devient impuissant. Par où faire une entrée pour casser cette carapace ? Comment ? Faire le lien, la liaison (comme une mayonnaise !), penser complexe.

Evocation de la situation rencontrée de gens au chômage qui se sentent à un moment, dans leur chômage, victimes de ce qui se passe. Ils racontent ce qui leur arrive. Mais on ne s'en sort pas. Ils sont bloqués dans leur propre système. Pour en sortir : les aider à créer du lien (racines, itinéraire etc...) pour que ça fasse sens dans leur histoire. Fabricateur de liens... Ca porte un tout autre éclairage sur ce qu'ils vivent. Ca les aide à retrouver l'action juste.

Si on applique la pensée complexe pour soi-même, je dois faire de la liaison avec tout ce que je suis par ailleurs. L'approche de la pensée complexe doit commencer par soi-même. C'est l'intérêt et la modernité de Marc Aurèle (ses Pensées pour soi-même), du Connais-toi toi-même de Socrate : la rencontre de la subjectivité et de l'universel. Ca passe à travers moi.

Un fait d'actualité : une commission parlementaire recommande, entre autres, de mettre fin au cumul des mandats. Levée de boucliers des politiques, qui se rendent complices de la non-évolution de notre société en n'acceptant pas - complètement assujettis à l'électoralisme qu'ils sont - qu'on veuille casser le cumul des mandats. Les partis politiques ? Des machines à gagner ou perdre des élections.

D'où l'objectif de créer une pensée à côté. Pas une question de droite ou de gauche. La pensée politique il faut la penser autrement. Einstein : Créer, c'est penser à côté.

La démocratie par exemple : Tocqueville en fait une lecture de plus haut, il fait des liens. Penser complexe c'est ça.

Nous pourrions avoir pour objectif dans notre groupe d'écrire et promouvoir un Manifeste de la pensée complexe qui serait notre code de déontologie, en interne et sur internet.

On tient déjà quelque proto articles du manifeste :

Article 1 - La pensée complexe n'est ni de droite ni de gauche, elle n'est même pas au centre.

Article 2 - La pensée complexe est une méthode : contre la fragmentation, pour la liaison (Faire des liens avec les gens qui pensent un peu différemment. On ne veut pas consentir à une société totalitaire. Tant que tous ces ferments sont possibles, on n'est pas dans le totalitaire).

Article 3 - Ne pas se laisser enfermer dans le déterminisme. Ne rien considérer comme évidence.

Etc etc...

S'approprier la Méthode d'Edgar Morin en tant que citoyens pour la faire vivre dans le social et le politique. Citoyens : sont citoyens ceux qui sont gouvernés et peuvent gouverner  [voir article sur ce blog : Qu'est-ce qu'être citoyen, selon Aristote]. Notre groupe a la prétention de pouvoir intervenir en tant que citoyens dans le gouvernement de la cité.




08/02/2008
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