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Empreinte écologique 2.0

 

 
 
Il y a quelques semaines, dans une réunion de groupe d’amis, nous avons débattu autour du thème de l'empreinte écologique : Comment vous gérez votre empreinte écologique ? Comment vous vivez cela ? Qu’est-ce que vous faites, ou pas ?
 
Ce débat très riche en exemples et pratiques partagés m’a amené à réfléchir sur la notion même d’empreinte écologique devenue courante, mais qui à l’origine — elle apparaît au moment de la Conférence de Rio (« Sommet de la Terre ») en 1992 — était réservée aux spécialistes.
 
Il en va métaphoriquement, me suis-je dis, comme du Web 2.0.  Cette expression « Web 2.0 » désigne l'ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages qui ont suivi la forme originelle du web, caractérisée par plus de simplicité et d'interactivité. Ainsi de ce que j’appelle « Empreinte écologique 2.0 » : pour signifier que cette notion d’empreinte écologique, il y a peu circonscrite dans les limites de cercles spécialisés, devient d’usage plus répandu et peut être partagée. 
 
Mais qu’entend-on précisément par « empreinte écologique » ? 
 
Une empreinte, c’est une marque pratiquée en creux par un objet que l’on presse sur une surface. Je pense, par exemple, à l’empreinte de pas sur le sable. Mais cette empreinte-là est volatile ; le va-et-vient de l’eau, ou le vent, va rapidement effacer la trace de mes pas. Il est d’autres empreintes plus stables : par exemple l’empreinte d’un cachet sur la cire. — Et d'autres plus durables : ainsi de l’empreinte écologique, qui traduit l’impact des activités humaines sur les écosystèmes et sur la planète tout entière.
 
Selon sa définition scientifique, l’empreinte écologique est un indicateur et un mode d'évaluation environnementale qui comptabilise la pression exercée par les hommes sur les ressources naturelles et les « services écologiques » fournis par la nature. Cette pression se « mesure en hectares de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée » (source OCDE).
 
Sur le site WWF (organisation qui a largement contribué à populariser le concept d’empreinte écologique), on trouve les précisions suivantes : « Cet outil appelé indicateur d’empreinte écologique joue un rôle d’alerte essentiel. Il permet d'évaluer la surface nécessaire pour produire les ressources utilisées par une population et absorber les déchets qu’elle a générés, à partir de six critères  :
 
La surface forestière nécessaire pour produire le bois qu’elle utilise
La surface de pâture nécessaire pour fournir les produits d'origine animale qu'elle consomme
La surface de terre cultivée pour récolter toutes les denrées qu'elle consomme
La surface maritime nécessaire pour générer les poissons et les fruits de mer qu'elle consomme
La surface au sol nécessaire au logement et aux infrastructures qu'elle utilise
La surface forestière nécessaire pour absorber les émissions de CO2 produites par l'énergie qu'elle consomme. » 
 
Au final de calculs assez complexes, on arrive au résultat suivant :
 
L’empreinte écologique d’un Européen moyen actuellement est de 3, autrement dit si tous les habitants de la planète vivaient comme un Européen moyen, il faudrait 3 planètes Terre pour subvenir à leurs besoins de manière durable.
(Par comparaison, la moyenne mondiale est à 1,5, les USA à 5,5, le Bangladesh à 0,35…)
 
Le constat est sans appel : seuls de profonds changements politiques — au sens de gouvernement de la cité, c’est-à-dire collectifs — induisant une ré-invention de nos modes de produire, de consommer, de gérer les déchets, permettront de nous en sortir. Autrement nous allons dans le mur.
 
Cependant, ces changements politiques non seulement appellent, mais sont conditionnés par des changements individuels. Sans prise de conscience individuelle le changement collectif n’aura pas lieu.
 
C’est ici qu’intervient ce que je nomme l’empreinte écologique 2.0 : ce que nous pouvons faire à notre niveau pour changer les choses, sachant que ce ne sera pas suffisant, mais c’est nécessaire — et cela participe au développement d'une prise de conscience qu’il faut le plus largement possible diffuser autour de nous.
 
Plusieurs sites proposent des calculateurs d’empreinte écologique. Dans notre groupe, nous avons retenu le site suisse :
 
 
Le partage de pratiques a montré que le champ des changements possibles d’habitudes de vie était largement ouvert, qu’il s’agisse de modifier ou adapter notre manière de consommer, d’habiter (habiter : le même mot qu’habitudes), de nous déplacer...
 
Beaucoup de débats dans le groupe, on imagine, sur l’alimentation, sa composition, son origine, les modes de production (certains vivant en milieu rural produisant une part de leur consommation) ; les modes de vie ; les moyens de se déplacer etc — l’essentiel en tout cela étant aussi dans la prise de conscience, et le partage.
 
La prise de conscience conduit aussi à cette idée de l'urgence de nous engager sur la voie de la sobriété. La sobriété est une nécessité incontournableNotre société d’hyper consommation prône tout le contraire  — et c’est comme cela qu’on en arrive au pillage de la planète, à ce sentiment que la Terre nous appartient (alors que c’est nous qui appartenons à la Terre), qu’il n’y a pas de limites, que le salut ne peut venir que de la croissance sans fin etc.
 
Notre société prône l’immodération à tout va, sans limitation : la sobriété dans tous les actes de notre existence est une option de vie à opposer à la société de consommation, c’est une forme de résistance.
 
Dans les temps anciens, la sobriété était dans bien des milieux, dans bien des cultures, pour ainsi dire connaturelle à la société, car on disposait de peu : l’économie des familles imposait la modération. Aujourd’hui, le même terme « économie » signifie quasi le contraire : l’économie est florissante si le pouvoir d’achat croit, en berne s’il baisse.
 
Le dictionnaire garde trace de cette évolution sémantique. Le petit Robert, par exemple, à l’entrée « Économie » commence par longuement s’étendre sur ce qu’est l’économie politique : « L’économie politique étudie les besoins, les facteurs de la production (richesses naturelles, démographie, travail, capital, etc.), l’organisation de la production, la circulation des richesses (commerce), les prix, le crédit, la monnaie, la répartition des richesses ; le rôle de l’État dans la production et la répartition, la consommation ». Ce n’est que plus loin qu’on trouve le sens : « Gestion où l’on évite la dépense inutile ».
 
La sobriété, qui était donc sans doute connaturelle à bien des sociétés traditionnelles, devient dans la société moderne d’hyper consommation une forme de résistance active à l’immodération ; elle marque dans le même mouvement la volonté de recréer un lien de dépendance et de respect à l’égard de la Terre nourricière.
 
Si l’indicateur d’empreinte écologique pouvait aider à se poser les bonnes questions en rapport avec cette problématique, il aurait rempli son rôle en éveillant les consciences et incitant à partager entre tous sur la planète Terre. 
 
 
 
 
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23/04/2018
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