voilacestditUn certain désarroi ? (24 février 2008)On se souvient qu'Hillary Clinton y était allé de sa séquence émotion lors d'une des premières confrontations avec Barack Obama. Mais cette séquence n'avait guère convaincu. Cela sentait le tactique, de la part de cette femme qu'on décrit suprêmement intelligente, mais plutôt dure, froide, peu encleinte au registre de la sensibilité.Voilà qu'elle a remis ça en finale du débat avec Obama à Austin au Texas il y a quelques jours. En dernière réplique elle avoue sur un ton empreint d'humilité : "Quoi qu'il arrive dans cette course, c'est un honneur, c'est un honneur pour moi d'être ici avec Barack Obama. C'est vraiment un honneur. Quoi qu'il arrive , ça ira pour nous [...] j'espère juste que nous pourrons dire la même chose des Américains". Une séquence programmée ? Ou, cette fois, une vraie émotion ? Article ajouté le 2008-02-24 , consulté 57 fois CommentairesMadridMadrid le 26/02/2008 à 18:48:32Bonsoir, ce billet me donne envie de questionner son auteur. car quel est, en la matière, votre souci [au sens étymologique de "sollicitare", 1 / ce qui vous sollicite 2 / ce qui vous pousse à nous solliciter, car après tout c'est bien de ça qu'il s'agit aussi, n'est-ce pas ? :-)] * la sincérité de la candidate à la candidature ? ou * l'irruption non contrôlée donc inattendue des émotions ? le débat n'est pas le même dans l'un ou l'autre cas...quoique ! car, il s'agit d'une...femme ! cordialement voilacestdit le 27/02/2008 à 08:06:50 En réponse à MadridMadrid, que je remercie pour ses commentaires pertinents (qui se rapportent au fond) : - Tout d'abord une petite note préliminaire, sur le sens que je donne au titre de la rubrique "billet d'humus". On l'a remarqué, il ne s'agit pas de billet d'humeur, mais billet d'humus. La racine de "humus" c'est la terre, couche de terre végétale Ex : in-hum-er, ex-hum-er, trans-hum-er (passage d'un lieu dans un autre), et aussi : hum-ble (latin humilis, litt. terre à terre, peu élevé). C'est, pour moi, aussi la racine de humour. Tout cela pour dire qu'un billet d'humus se veut une notation rapide (billet, billettiste) en toute humilité (humus)sur un fait d'actualité un peu terre à terre (encore humus) mais qui peut donner à penser : car voilà le but de l'exercice : penser ce qui nous arrive (événements, du latin evenire). Il y a les grands évènements, qui donnent lieu à des analyses de fond, - mais aussi les petits, de presque rien, qui peuvent être porteurs d'un peu de sens. Un billet d'humus n'a pas d'autre prétention que de s'exercer à repérer ces traces de sens. Et aussi à partager. Comme l'écrivait Hannah Arendt dans son Journal de pensée : "C'est seulement parce que je peux parler avec les autres que je peux également parler avec moi-même, c'est-à-dire penser". - Mais j'en viens au questionnement de MadridMadrid sur ce billet. Ce qui me sollicite, et nous sollicite en l'occurrence, c'est bien cette irruption non contrôlée semble-t-il (ce que laisse entendre la deuxième interrogation) de l'émotion, à un moment justement un peu délicat (certains commentateurs ont cru déceler dans ce propos de la candidate comme une insinuation d'abdication, qu'elle envisageait pour la première fois l'hypothèse d'une défaite face à Barack Obama). C'est cette fêlure qui fait sens, chez un être par trop enfermé dans sa carapace. J'ai dit 'un être' - pas 'une femme' - je ne pense pas que ce soit générique. MadidMadrid ne serait-elle pas du genre féminin ? MadridMadrid le 27/02/2008 à 11:41:46 "C'est donc quand je ne suis plus rien que je deviens un homme"... Il me suffit de laisser la parole à Oedipe en réponse à votre réponse et à la lumière que cette dernière apporte à ce billet d'humus. Et non pas seulement en ce qui concerne Hillary Clinton... Cordialement LiensVoir les articles de la catégorie " Billets d'humus "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |