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En ce début d'année...

 

 De mon épouse Chantal ces réflexions sur la nouvelle année :

 

Janvier est traditionnellement consacré au rituel des voeux. 
On se souhaite une belle, bonne, heureuse année, une bonne santé, la réussite dans les projets, etc…Toute une énumération de termes censés rimer avec bonheur. On se creuse la tête pour trouver des formules originales afin de tenter d'échapper au conformisme ambiant tant les voeux sont devenus une simple formalité.
Aujourd'hui, au seuil de la nouvelle année, je me demande ce que signifie se souhaiter une bonne année ? Une année sans problèmes, sans épreuves, qui ne nous offrirait que de bonnes surprises, que du bonheur ? Une année qui se plierait au gré de nos souhaits, de nos rêves, qui se formaterait à la mesure de nos espoirs et de nos désirs ? Qu'est-ce qui fait que l'année sera bonne pour nous, pour ceux à qui nous formulons nos voeux ? Et quels en sont les ingrédients ? Sont-ce les circonstances extérieures, ou nos dispositions intérieures, la détermination et l'efficacité à réaliser nos projets, par exemple ?

Chaque année, un cycle recommence et va se dérouler selon un ordonnancement imperturbable, au rythme des mois et des saisons, cycle qui est à la fois un éternel recommencement, un éternel retour et qui peut aussi être vécu comme une éternelle répétition. La période des voeux n'échappe pas elle-même à ce principe de répétition… Répétition qui se retrouve aussi dans nos gestes quotidiens, dans nos plis, nos habitudes qui nous ramènent invariablement à tracer le même sillon mais aussi à retomber dans les mêmes ornières. La saveur de nouveauté annoncée par une nouvelle année est donc à tempérer par ce principe de retour et de répétition. D'ailleurs la routine de nos vies ne reprend-elle pas rapidement le dessus, balayant les voeux et les bonnes résolutions prises en début d'année ?
Et pourtant, chaque nouvelle année apporte ses prémisses de nouveauté, et donc un vent de changement possible. En effet, il y a les événements, prévus (mais jamais totalement contrôlables) ou imprévus, voire imprévisibles, les événements espérés et ceux qui sont redoutés, les événements d'apparence favorable ou défavorable. L'événement c'est ce qui arrive, ce qui m'arrive. Tous ces éléments sur lesquels notre pouvoir de décision est limité ou impuissant. La nouvelle année éveille ou réveille des espoirs de mieux, mais aussi des craintes de moins bien dans nos vies. Qu'on le veuille ou non, la nouvelle année souffle une petite brise de fraîcheur, de rêve et de magie et nous aimerions croire à la chance...

En fait, nous réagissons comme si nous étions coupés en deux entre le changement apporté par les événements qui traversent notre vie, d'une part,  et  nos comportements de répétition, d'autre part. Nous répondons aux situations nouvelles avec des conduites routinières. Certes, les événements - d'autant plus s'ils nous touchent de près - nous coûtent cher en termes de dépenses émotionnelles, mais sans pour autant que notre implication soit juste et adaptée. Nous projetons sur les événements des références passées, des attentes démesurées, nos peurs devant l'inconnu etc., ce qui contribue à les réduire et les assimiler à ce qui est connu, à neutraliser leur altérité et la nature du message dont ils sont porteurs. Ainsi l'effet de surprise face aux événements qui nous dépassent et nous déstabilisent se trouve réduite et refermée par des jugements et des comportements défensifs.

 
Il s'agit de se situer sur le fil du rasoir, de conjuguer accueil et acceptation du visage de la nouveauté et de mobiliser toutes les  ressources d'intelligence de notre corps, de notre esprit et de notre coeur, ressources que l'événement nous permet d'actualiser, Celui-ci va ainsi contribuer, de par son originalité et sa singularité, à un nouvelle vision, un nouvel agencement en nous, c'est à dire à une attitude créatrice. Pour cela, il s'agit d'être là au bon moment de l'événement, de se laisser traverser par le flux de la vie et réagir avec justesse,  c'est à dire se laisser transformer par ce qui nous arrive, tout en le transformant. Là est le lieu à la fois de notre réalisation et de notre contribution.

De quoi sera faite l'année à venir ? Je suis loin d'en connaître toutes les données, et une grande partie des événements échappe à mes prévisions.  Mais ce qui fait que l'année sera bonne tient à ma capacité à réagir à ce qui m'arrive et ce qui arrive autour de moi, et çà, çà dépend de moi. Le sens des voeux s'inscrit dans ce cadre. Dans ce sens, on peut faire feu de tout bois et  tout événement peut être matière à porter des fruits et ainsi contribuer à mon bonheur.
Une bonne année, c'est accueillir ce qui est nouveau et être ouvert et disponible à cette nouveauté. C'est prendre le risque de se laisser transformer grâce à l'altérité de l'événement. C'est prendre le risque du changement. C'est se renouveler, se re-composer avec le nouveau apporté par l'événement. Chaque année nous propose un recommencement possible qui soit un renouvellement  et non pas une éternelle répétition du même : chaque événement est porteur de chance. Il s'agit d'être là, présent, à l'affût, éveillé.

Voila, pour moi, ce que serait une bonne année. Et ce sont ces voeux là que j'aimerais souhaiter à chacun...



08/01/2014
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