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Habemus praesidentem

 


Dans quelques jours nous aurons droit à une proclamation solennelle à la messe du 20 heures - précédée de quelques rites ridicules pour passer le temps. Ce ne sera pas la fumée blanche d'un vote cardinal mais un écran qui dessinera les traits de l'heureux vainqueur : "Habemus praesidentem !" criera la foule - qui s'en retournera à ses (pré)occupations.

Qu'aura apporté la campagne ?

Il sera bien dit que cette campagne aura été une campagne d'évitement. On évoque l'idée d'un grand rassemblement sur le Champ-de-mars : mais sur le champ des idées ? Les candidats vont-ils à nouveau commencer par le triple A pour finir par le permis B ?

Va-t-on à nouveau assister à un pseudo-débat, qui relève plutôt de la criée d'un étal de poissonnière - regardez comme il est beau mon merlan ! comme il est frais le poisson ! - que d'un véritable échange d'idées sur les véritables sujets qui conditionnent l'avenir de notre société dans le monde.

Il est tout de même étonnant que dans une société qui vient de voir en quelques années l'explosion des réseaux sociaux (ils n'existaient pas en 2007) - explosion qui change la donne : voir leur rôle dans le printemps arabe et les révolutions en cours - eh bien ! en France rien ne change dans les rituels de la politique.
 
On continue de ne pas débattre sur les questions fondamentales. L'époque que nous vivons n'est pas dans une petite crise passagère : c'est une crise de fondement. Je réentends Miguel Benasayag nous alerter : Jusque il y a 30 ou 40 ans nous vivions comme faisant partie d'une situation commune qui allait vers quelque chose, et chaque partie s'interprétait comme la partie de cette situation globale. Nous vivons aujourd'hui un éclatement mortifère. Puisqu'il n'y a pas de dessein commun - il n'y a pas de commun. C'est pourtant la finalité du politique de proposer et bâtir ce commun.
 
La vie est complexe ; mais c'est comme si le complexe était d'un côté, les paroles de l'autre : alors que le défi serait des paroles qui engagent en prenant en compte la complexité.
 
Chateaubriand écrivait : "Il n'est pas besoin d'aimer le monde qui vient pour le voir venir".
 
Le président aura besoin d'une vision, d'une capacité à prendre des risques et d'un élan - pour nous entraîner vers les hauteurs comme le guide sa cordée : nul besoin de guide si on reste dans le fond de la vallée.


Il n'est de camarades que s'ils s'unissent dans la même cordée
[Saint-Exupéry]
 

 

Suivez-moi sur Twitter : @voilacestdit



24/04/2012
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