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John Muir, marcheur et découvreur

 

 
Récemment, à San Francisco, l'occasion d'une randonnée dans la forêt de séquoias de Muir Woods, au nord de la baie, m'a fait me poser la question de la signification de ce mot "Muir". J'ai appris qu'il s'agissait du nom du donateur du domaine, John Muir.

 

 

Mais qui était ce John Muir ? J'imaginais un riche américain, genre mécène faisant à sa mort cette donation - comme d'autres créent des fondations dans un but philanthropique.

L'histoire est plus riche, si je puis dire. C'est l'histoire d'un grand naturaliste et d'un infatigable marcheur et découvreur.

Ce John Muir, né en Écosse en 1838, émigré aux États-Unis en 1849 avec sa famille qui reprend une ferme dans le Wisconsin, a, tout jeune, la passion de la botanique. Au moment de suivre des études académiques, il opte pour s'inscrire à "l'université de la vie sauvage" et part à la découverte de terra incognita . En 1867, il entreprend une marche de mille cinq cent kilomètres de l'Indiania à la Floride. "Mon projet, écrit-il, était simplement d'aller droit devant moi, approximativement au sud, par le chemin le plus sauvage, le plus noyé dans la végétation, le moins battu que je pourrais trouver et promettant la plus vaste étendue de forêt vierge".

En 1868 il découvre avec enthousiasme Yosemite Valley dont il avait entendu parler. Il écrit : "Aucun temple construit de la main de l'homme ne peut être comparé à Yosémite". L'été 1869 il devient pour quelques semaines berger puis fait une marche le long d'une vieille piste indienne du Bloody Canyon. Il s'intéresse à la géologie - il développe une théorie originale, qui fera date, sur la formation géologique de la Vallée du Yosémite - poursuit des enquêtes botaniques et fait des recherches sur la répartition du Sequoia Géant le long du flanc ouest de la Sierra Nevada.

Toute sa vie, d'une façon quasi-prophétique, il se consacrera à la défense de l'environnement contre (déjà !) les intérêts financiers, l'exploitation à outrance des ressources naturelles et la déforestation. Grâce à ses efforts Yosemite Valley deviendra Parc National. Sa maison et une partie du domaine hérité de sa femme, au nord-est de San Francisco, sont maintenant Site Historique National.

John Muir n'est donc pas un quelconque mécène. Il est l'un des pionniers de la lutte pour l'environnement et se trouve à l'origine de la création des parcs nationaux américains. Et c'est aussi, peut-être surtout, car ceci explique cela, un amateur de la nature, du wilderness qu'il n'a cessé sa vie durant d'arpenter, ébloui par la beauté des paysages qu'il découvrait, relatant dans ses livres des moments de saisissement comme celui-ci : "Où que vous soyez, l'endroit, en cet instant, est le plus beau qui soit ; et vous vous dites alors qu'il ne peut y avoir de bonheur en ce monde, ou dans tout autre, pour ceux qui seraient incapables d'être heureux en pareille place".

J'aime à imaginer cet infatigable marcheur ["Parcouru aujourd'hui plus de quatre-vingt kilomètres sans dîner ni souper ; couché la faim au ventre et réveillé avec un mal d'estomac"...] qui toujours se lance à la découverte sur les chemins pour satisfaire sa passion de la beauté du monde sauvage :

"Aussi longtemps que je vivrai, j'entendrai les chutes d'eau, le chant des oiseaux et du vent, j'apprendrai le langage des roches, le grondement des orages et des avalanches. Je me livrerai aux glaciers et aux fleuves sauvages et je resterai aussi près que possible du coeur du monde"...



 

 

John Muir



28/08/2012
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